|
Pour des raisons mal définies, le culte de saint Papoul, ermite de la forêt d’Antioche en Lauragais au Ve ou VIe siècle, a été associé depuis au moins le XIe° siècle à celui de saint Sernin, premier évêque de Toulouse (IIIe siècle). D'après la Tradition, Papoul aurait été martyrisé à 3 km du village, au lieu-dit de l'Ermitage. À genoux, les mains jointes, attaché à un chêne, un coup de glaive l'aurait décalotté. Une source miraculeuse aurait alors jaillit. Une chapelle commémorative a été édifiée sur ce lieu. Détruite à la Révolution, elle fut reconstruite en 1821.
Selon la légende, les ermites établis sur le site du martyre se seraient déplacés au VIIIe siècle pour fonder l’abbaye. Elle est citée pour la première fois en 817 dans un document émanant de Louis le Pieux : elle n’est alors redevable au souverain que de prières en raison de ses faibles revenus.
|

|
Au XIe siècle, l’abbaye, régie par la Règle de saint Benoît, connaît une période prospère grâce au moine Bérenger. Modèle de vertus, des miracles se seraient accomplis de son vivant et sur sa tombe entraînant un pèlerinage.
En 1119, l’abbaye, affaiblie, est réunie à celle d’Alet. Au cours de la seconde moitié du XIIe siècle, le Maître de Cabestany, grand sculpteur roman, orne le chevet. En 1209, elle acquiert la seigneurie de Villespy, signe de sa prospérité.
L’abbaye de Saint-Papoul joue un rôle très modeste dans la Croisade contre les Albigeois. D’après les sources, seul un commando d’une cinquantaine de cathares au cours d’une nuit d’été 1241 ont créé des tensions entre les deux religions. Jourdain de Roquefort, grand seigneur cathare, est même inhumé dans le cloître en 1233. La même année, l’abbé acquiert la seigneurie de Saint-Papoul des mains de cette puissante famille. En 1234, le monastère de Camprodon (Espagne) lui est confié par l’abbé de Moissac.
En 1317, le pape Jean XXII morcelle le grand évêché de
Toulouse et crée notamment celui de Saint-Papoul. 34 évêques vont se
succéder sur le siège épiscopal de Saint-Papoul (dont 7 finirent
Cardinaux) de 1317 à 1790.
L’abbaye
connaît des temps troubles lorsqu’elle est pillée par les "routiers" en
1361, puis en 1412 par les Bourguignons, et à nouveau en 1595 par les
calvinistes. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, d'importantes
restaurations sont entreprises.
|
L'époque
révolutionnaire met fin à l'évêché de Saint-Papoul, l'église cathédrale
devient église paroissiale et son cloître est saccagé par la mise en
vente des éléments en marbre. 
Il faut attendre son classement aux Monuments Historiques en 1840 pour commencer les restaurations.
|